Dès son annonce le 21 février 2021, Légendes Pokémon Arceus et ses graphismes soufflaient le chaud et le froid.
Un an après, le même sujet ressort et frôle la polémique tant les réseaux sociaux s’enflamment sur des screens et des leaks moches, oubliant au passage le plus important : assistons-nous au renouveau de  Pokémon ? Peut-on parler de renouveau ou de pistes intéressantes à poursuivre ?

Je suis en plein endgame (qui n’en est pas un réellement, plutôt l’obtention de la vraie fin) , je pense toutefois avoir le recul nécessaire pour écrire cet avis.

Quand Pokémon rencontre Monster Hunter

Il est impossible de ne pas penser à la série Monster Hunter quand on arrive dans Légendes Pokémon Arceus.
Les deux jeux partagent une approche scénaristique et une construction communes.
Ici, pas de course aux badges ni à la Ligue Pokémon. Le joueur incarne un personnage de l’époque des Pokémon « classiques »se retrouvant mystérieusement à Hisui, ancien nom de Sinnoh, à l’époque où la team Galaxie protégeait la région grâce au corps des chercheurs.

Hericendre, je te choisis.


En ce temps, la population d’Hisui ignore presque tout des Pokémons et n’osent pas s’aventurer dans les différentes zones qui composent la région.
Le personnage se voit confier une mission, enquêter dans les différentes zones sur l’apparition d’une faille spatio-temporelle rendant fous les Pokémons protecteurs de la région. Pour cela, il va devenir un des premiers dresseurs de Pokémon de l’Histoire et va devoir compléter le premier Pokédex.

Un vieux cahier fait office de Pokédex.



De Monster Hunter, donc, Pokémon puise sa construction. Le joueur va débloquer de nouvelles zones a chaque fois qu’il y aura vaincu le monstre principal.
En plus de sa géographie, Légendes Pokémon Arceus emprunte à la série de Capcom l’inventaire limité en mission d’où la présence d’un coffre permettant la gestion des ressources et des objets utiles ou non à l’exploration en cours.

Les pâturages remplacent les Boîtes Pokémon et les PC.
Cette belle boîte sera votre meilleure amie.


Le nouveau jeu de Game Freak pose les bases très rapidement. Malgré une narration qui se veut plus mature qu’à l’accoutumée, les dialogues ne laissent peu de place aux doutes, on est bien dans Pokémon. Un défaut qui n’en est pas un lorsqu’on se rappelle que le jeu est destiné aux plus jeunes. Et c’est là que Légendes Pokémon Arceus marque un point, tout en gardant une profonde simplicité, sa maturité  tend à faire arrêter de prendre les gamins pour des idiots incapables de comprendre autre chose qu’un scénario trop basique.



Malgré une écriture des plus simples, le scénario reste capable de maintenir l’intérêt chez les vieux routards aux pokéballs bien remplies. (Ok c’est moyen celle là)

Manette en main, Légendes Pokémon Arceus est un petit bonbon de nostalgie.
N’importe quel enfant des années 90 a, un jour, rêvé qu’il était lui même un dresseur Pokémon et c’est ÇA qu’il imaginait.
Ce jeu est un fantasme presque assouvi.

Presque ?

Presque car le jeu possède quelques défauts importants à noter.

Ce n’est pas la déception d’un monde réellement ouvert qui est à relever, ni même la trop grande simplicité et presque inutilité du craft (les pokedollars pleuvent tellement qu’il n’est pas forcément nécessaire de crafter pour avancer en ligne droite).

Premièrement, il y a très peu de combats dans le jeu. En soi, ce n’est pas si grave, le souci c’est que ceux présents manquent réellement de dimensions stratégique, il suffit presque d’avoir un pokémon de type opposé à l’adversaire pour plier le match.

Duel



Deuxièmement, une certaine répétitivité s’installe, tant dans la complétion parfois fastidieuse du Pokédex : pour valider un pokémon, il ne suffit plus de seulement le rencontrer, il faut réaliser des tâches parfois longues et fastidieuse (capturer un pokémon plusieurs fois, d’une certaine façon, lui faire faire n fois une attaque, etc.)


Enfin, dire le contraire serait manquer de franchise, le jeu est techniquement très moche : des textures d’un autre âge,un cliping omniprésent, un aliasing qui peut faire mal aux yeux et certains endroits désespérément vide. Bien entendu, en mode portable, ces défauts s’atténuent légèrement.
Je précise que le jeu est « techniquement » moche parce qu’il se paye le luxe d’avoir une direction artistique particulièrement bonne qui, sans être originale, arrive à sortir quelques moments de grâce, particulièrement au soleil couchant.

Les tâches parfois rébarbatives du Pokédex.
Coucou vous deux.
J’aime trop vos boules.
Bon, ok, là c’est très moche.

Pour conclure sur une note plus positive, la bande son bien qu’assez convenue, reste de très bonne facture. Elle introduit de nouveaux thèmes tout en reprenant et reorchestrant les musiques les plus connues de la saga.

Alors, ça dit quoi ?

Légendes Pokémon Arceus continue sur la lancée d’Épée et Bouclier tout en s’assumant encore davantage.
Signe-t-il réellement le renouveau de la licence ? Sans aucun doute.
Mais, plus que tout, c’est par ses promesses pour l’avenir qu’il est incontournable. Un avenir qui, à défaut d’être la première pierre du renouveau, enfoncera le clou et proposera le jeu Pokémon ultime.

http://lecoindelabulle.com/2022/02/08/legendes-pokemon-arceus/