Un avis très rapide écrit tout aussi rapidement. Il n’y a pas grand chose à dire sur le fond de ces jeux. Juste : Jouez-y !

Être père et être un homme actif au sein du foyer est un travail à temps complet. Au même titre que tous parents, je vous vois venir.

Ce rôle apporte un plaisir certain et indéniable mais avant tout, chez le parent joueur, il peut apporter aussi une légère perte d’équilibre infligée par le plus grand ennemi du joueur de plus de 30 ans : le manque de temps.

Il y a plusieurs solutions pour y remédier : changer drastiquement d’organisation ou trouver d’autres façons de jouer. Dans tous les cas, il faudra sacrifier un peu de sommeil.

Tout en gardant du temps pour les jeux sur consoles et sur PC, j’ai choisi la deuxième solution, trouver une autre façon de jouer.

J’ai toujours eu des jeux sur mon téléphone mais sans jamais les terminer ni m’investir trop dedans. Pourtant, le jeu mobile propose depuis longtemps l’accès à pas mal de point’n click, portages ou indés originaux.

C’est grâce au Play Pass du Google Play Store que j’ai pû découvrir les deux épisodes de Dentures and Demons.

Deux jeux complètements délirants !

Dans cette revue, je vais parler des deux épisodes de la série. Les deux se suivant tant au niveau de l’histoire que de la délicieuse débilité de l’écriture.

Dentures and Demons sont développés par un seul mec, qu’on peut tout à fait appeller un délicieux connard. Comme dirait un président de la République, c’est de façon affectueuse et mérité tant « Suiarts » s’amuse à se moquer constamment du joueur et de ses personnages.

Tout dans Dentures and Demons est prétexte pour rendre hommage aux point’n click les plus barrés de la création.

Dans la pratique, le 4eme mur est brisé sans cesse (n’oubliez pas, vous jouez sur téléphone). On va immédiatement penser à There is no game, mais la comparaison va s’arrêter là, ne cherchez pas de sous-texte philosophique et spirituelle sur la notion de jeu et de joueurs, ici, la seule question tournera autour de l’humour.

Des dialogues savoureux

À première vue, Dentures et Demons ressemble à un jeu d’aventure indé sur mobile lambda… en apparence… dès les premières lignes de dialogues, les insultes fusent, l’humour tourne souvent autour du caca et de la bite… un beau mélange. Mais derrière un bourinnisme omniprésent se cache une finesse difficile à déceler mais bien présente. Mention spéciale au deuxième opus qui permet de personnaliser son insulte fétiche. (Votre serviteur a, bien entendu, tourné son amour vers « Bordel à Bite »).

Les dialogues sont un des points forts du jeu et permettent de se détacher de la violence des thèmes abordés dans les jeux. Entendons-nous, tout reste volontairement extrêmement parodique,teinté d’humour parfois forceur et maladroit, mais certaines scènes peuvent induire le malaise chez certains joueurs. Malaise immédiatement compensé par une phrase toujours délicatement débile et surprenante.

Une ode d’amour aux Point’n Click

Dentures and Demons 1 et 2 ne sont pas des jeux bien compliqués : un point d’interrogation s’affiche lorsque le personnage passe devant un objet devant lequel il peut interagir et un seul bouton suffit pour explorer les différents chapitres qui composent le jeu. Les solutions sont souvent farfelues dans le strict héritage des jeux d’aventure d’antan mais on ne reste jamais réellement bloqués. (Le deuxième épisode, moins linéaire, pousse un peu plus loin la réflexion mais la difficulté est loin d’être insurmontable). Des phases, assez inégales, d’arcade viennent rythmer régulièrement le jeu grâce à des passages plus orientés action et adresse. Ces dernières peuvent être parfois un peu ardu à passer si vous choisissez le mode de difficulté le plus élevé.

Le jeu est bourré de références aux jeux LucasArts qui ont indéniablement marqué le créateur de Dentures and Demons et cela se ressent. VOUS allez sourire tout du long de votre partie, plongé dans une délicieuse nostalgie.

Le point’n click, après avoir perdu de son aura, a commencé à se prendre trop au sérieux et a très mal vécu le passage de la mode du « dark » et de la « maturité » excessive de la fin des années 2000 et début 2010. Depuis quelques années, le jeu d’aventure reprend ses droits sur le « grand n’importe quoi » et c’est tout ce qu’il manquait aux joueurs.

Parler de Dentures and Demons reste assez compliqué, particulièrement après être passé après le magnifique : There Is No Game Wrong Dimension. Ici, il n’y a pas de réelles raisons du parler du fond, du processus créatif ou encore de la relation développeur/joueur.

Dentures and Demons ne se prend pas la tête et propose juste deux jeux classiques mais foncièrement drôles et bien foutus… et c’est tout ce qu’on lui demande !